Vacances Sanglantes

Carrie Vaughn

Kitty Norville (3)

Languages: French

Publisher: Pygmalion

Published: 2011

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Summary

Après avoir fait mon coming out en direct à la radio en révélant au monde que j'étais un loup-garou et, après avoir risqué ma vie en témoignant devant le Sénat, je méritais bien quelques jours de vacances, non ? Comme on ne voulait pas me lâcher, j'ai prétexté un bouquin à écrire, mon autobiographie en quelque sorte. Et me voici tranquille au coeur des montagnes du Colorado. Tout ce que je veux, c'est un peu de paix loin de tout. Est-ce trop demander ? Sûrement puisque, depuis que je suis arrivée, quelqu'un dépose devant ma porte les dépouilles de petits animaux mutilés... Convivial. Mais en plus, lorsque Cormac débarque avec Ben parce que ce dernier vient d'être mordu par un lycanthrope, je peux définitivement dire adieu à mes vacances !» Carrie Vaughn, née en 1973 en Californie, est également l'auteur de nombreuses nouvelles publiées dans des magazines et des anthologies. Elle vit dans le Colorado. Extrait ELLE COURT POUR LE SEUL PLAISIR DE COURIR, parce qu'Elle est libre de le faire ; Elle parcourt trois ou quatre mètres d'une seule foulée à chaque bond. Elle ouvre la gueule pour goûter l'air vif et froid. La ronde des saisons va son chemin et la lune gibbeuse éclaire la nuit de reflets argentés. La lune n'est pas encore pleine ; pour une fois, Elle est sortie avant que Son heure soit venue ; l'autre moitié d'Elle-même n'a aucune raison de La tenir enfermée. Elle est solitaire, mais Elle est libre, alors Elle court. Une odeur Lui parvient, Elle fait une embardée, ralentit Sa course, plaque Sa truffe au sol. Une proie, fraîche et chaude, brûlante dans la nuit hivernale. Les proies ne manquent pas, ici, dans la forêt. Elle s'avance d'un pas élastique, respire les odeurs à plein nez, narines dilatées, Ses yeux regardent au loin, attentifs au moindre mouvement. Son estomac est vide, Elle a faim et cette faim La guide. L'odeur de la proie La fait saliver. Elle a pris l'habitude de chasser seule. Elle doit être prudente, ne pas prendre de risques. Ses coussinets effleurent la terre, Elle est prête à courir, à bondir en avant dans telle ou telle direction, Elle s'avance sans bruit sur le plancher de la forêt. L'odeur - musquée, fourrure chaude et excréments -devient plus forte, submerge Son cerveau. Tous Ses nerfs explosent. La proie est tout près maintenant, à quelques pas ; Elle se rapproche subrepticement, à pas de loup qui chasse... Le lapin jaillit subitement de sa cachette, un rondin de mois mort recouvert de jeunes pousses. Elle est prête ; sans la voir ni l'entendre, Elle sait que la proie est là, Ses sens de chasseur emplis de sa présence. À l'instant où la proie se met à courir, Elle bondit, la cloue au sol de Ses griffes et du poids de Son corps, plante Ses crocs dans son cou, referme Sa gueule et déchire les chairs. La proie n'a pas eu le temps de crier. Elle s'abreuve du sang qui gicle de sa gorge ouverte, dévore la chair encore chaude. La chaleur et la vie de la proie Lui emplissent le ventre et Lui réchauffent l'âme, et Elle interrompt Son carnage pour hurler Sa victoire... Tout mon corps a tressailli, comme si je rêvais que je tombais et venais de me réveiller en sursaut. J'ai retenu mon souffle - une partie de moi était engluée dans le rêve, continuant de chuter, et j'ai dû faire un effort mental pour me persuader que j'étais en sécurité, que mon corps n'allait pas percuter le sol. Mes mains se sont refermées mécaniquement, mais n'ont trouvé ni draps ni oreiller. Mes doigts ont attrapé une poignée crissante de feuilles mortes de l'automne passé. Lentement, je me suis assise en me grattant la tête et j'ai ramené en arrière mes mèches blondes emmêlées. Je sentais la terre rugueuse sous mon corps. Je n'étais pas dans mon lit, je n'étais pas dans la maison que j'habitais depuis les deux derniers mois. J'étais couchée dans une dépression creusée dans le sol, tapissée d'humus et abritée par des pins au-dessus de moi. Au-delà de ma tanière, de la neige durcie, parsemée d'ombres dans la nuit. L'air était glacial et mordant. La condensation de mon souffle formait comme un mince brouillard. Biographie de l'auteur Carrie Vaughn, née en 1973 en Californie, est également l'auteur de nombreuses nouvelles publiées dans des magazines et des anthologies. Elle vit dans le Colorado.