...Ces coups de poignard dans le crâne qui m’aveuglaient. J’en aurais hurlé. Je ne savais plus bien où j’étais. Le mot « honte » m’arracha au mal pour quelques secondes. Honte ? Moi ? c’est Louise qui aurait dû avoir honte ! Je confondais les deux femmes, celle d’autrefois et celle d’aujourd’hui. Louise se tenait en face de moi comme le jour où elle m’avait dit adieu.
Sans le vouloir, je criai :
— Honte ? Elle est bonne celle-là ! Mais c’est cette petite garce qui devrait avoir honte !
Je perçus un murmure hostile, une rumeur confuse autour de moi. Sans doute les clients. Je m’en fichais. J’étais retourné vingt ans en arrière.