Ce fut une nuit pénible. Au jour, rien ne s'était passé et c'était illogique. L'ennemi n'aurait pas dû se contenter de ces missiles, il aurait dû venir sur place, soit parce qu'il pensait avoir rasé la base, soit pour donner l'assaut.
Ou encore il aurait dû lancer d'autres engins. Des engins qui représentaient, en eux-mêmes, une surprise. Complètement dépassés ! L'armée terrienne n'avait utilisé des missiles, et d'une tout autre technologie, qu'au début de la guerre, pour l'entraînement au tir. Elle y avait renoncé très vite parce qué c'étaient des cibles vraiment trop faciles pour les tireurs au thermique lourd...
Gurvan changea de position et regarda au dehors. Le toit de son poste de pilotage était relevé, basculé vers l'avant. Il avait fait vraiment froid, cette nuit. Il avait enfilé la veste de fourrure et branché le chauffage du siège, régulièrement. Il voulait garder le poste ouvert pour écouter.
Les brins d'herbe qu'il voyait étaient couverts de givre, ce qui lui donna une idée.