Silla et son frère Reese ont perdu leurs parents dans des circonstances mystérieuses. Quand Silla reçoit le recueil de sortilèges de son père, qu'elle découvre être un puissant sorcier, sa vie est bouleversée...
Le père de Silla a-t-il tué sa mère dans un accès de folie avant de se suicider ? Contrairement à tout le monde, la jeune fille n'en croit rien.
Un jour, elle reçoit un manuscrit de son père. La lettre qui l'accompagne explique qu'il s'agit de tous les secrets et connaissances de son père qui était un formidable magicien et guérisseur. Passée la stupéfaction, Silla décide de tester les formules et découvre qu'elle a, elle aussi, des prédispositions à la magie.
C'est à ce moment-là qu'elle rencontre Nick, qui vient d'arriver au lycée. Au contact de Silla, le passé de Nick refait inexorablement surface. Les deux adolescents se retrouvent liés par la Magie du Sang. Ensemble, ils vont apprendre à se connaître, à utiliser leurs dons pour tenter de découvrir ce qui est arrivé à leurs parents.
Le récit fait alterner les points de vue de Nick, de Silla et celui d'une mystérieuse sorcière née en 1889, dans ce roman passionnant, sombre et dense, pour les amateurs de romance et de paranormal.
Une atmosphère tragique et romantique, où se mêlent magie noire et suspense.
Lorsqu'elle était enfant, Tessa voulait être magicienne ou paléontologiste, ou les deux. Née à Okinawa au lapon, elle voyage beaucoup avec la lecture et le théâtre pour compagnons. Plus tard, elle étudie la poésie épique, anglaise et allemande. Après avoir parcouru le monde, elle vit aujourd'hui au Kansas. Blood magie est son premier roman.
Extrait
Je m'appelle Josephine Darly et j'ai l'intention de vivre éternellement.
Silla
Il est impossible de se connaître soi-même tant qu'on n'est pas resté seul dans un cimetière.
La froide pierre tombale plaquait le tissu mince de mon T-shirt contre mon dos en sueur. Le cimetière était noyé d'ombre dans le crépuscule, gris et lugubre. J'étais assise en tailleur sur l'herbe clairsemée qui dissimulait la tombe de mes parents, le livre dans mon giron.
Je balayai de la main la terre qui en salissait la couverture. De format poche, il paraissait tout petit et insignifiant entre mes mains. La reliure en cuir acajou était polie par l'usure et sa couleur passée aux coins. Les pages avaient été autrefois dorées sur tranche, mais cette dorure aussi était effacée. J'ouvris le livre, dont la reliure craqua, et lus une fois de plus le titre, dans un chuchotement qui le faisait paraître plus réel à mes yeux :
Notes sur la transformation et la transcendance
«Oh, chair trop solide ! Que ne peut-elle fondre, se dissoudre et s'évaporer !» Shakespeare.
C'était l'une des citations préférées de papa, tirée de Hamlet. Il la récitait chaque fois que Reese ou moi-même partions en claquant la porte pour aller bouder ailleurs. Il disait toujours que, comparés au prince de Danemark, nous n'avions aucune raison de nous plaindre. Je me souviens encore de ses yeux bleus plissés qui me dévisageaient par-dessus les verres de ses lunettes.
Le livre était arrivé cet après-midi même par la poste, enveloppé dans du papier brun et sans adresse d'expéditeur. Écrit au verso en caractères d'imprimerie, le nom de DRUSILLA KENNICOT avait des allures de sommation. Six timbres étaient collés dans le coin supérieur de l'enveloppe imprégnée d'une odeur de sang.
Cette odeur si particulière, cuivrée et entêtante, celle d'une pièce de monnaie, me restait au fond de la gorge, inextricablement mêlée à mes souvenirs. Je fermai les yeux et vis une traînée de sang sur des étagères chargées de livres.
Quand je les rouvris, j'étais toujours seule dans le cimetière.
À l'intérieur de la couverture était insérée une note pliée en trois, rédigée sur un papier épais et sans lignes.
Elle commençait par : «Silla». La vision de mon nom dans cette écriture cursive désuète me faisait toujours frissonner. Le bas des s formait une spirale qui semblait se perdre dans le néant.
Biographie de l'auteur
Lorsqu’elle était enfant, Tessa voulait être magicienne ou paléontologiste, ou les deux. Née à Okinawa au Japon, avec un père dans l’armée américaine, elle voyage beaucoup avec la lecture et le théâtre pour compagnons. Plus tard, elle étudie la poésie épique, anglaise et allemande. Après avoir parcouru le monde, elle vit aujourd’hui au Kansas. Le sang ne ment jamais est son premier roman. Traduit de l'anglais par Anne-Judith Descombey.